Une vie de famille sous Louis XIV

un récit à base d'Histoire

 

Chapitre 07 partie 1/4

     Après une nuit de repos et plusieurs jours de chevauchée, le coursier rapporta la réponse écrite par son épouse au Commandant De Savigny. Hélas, à son arrivée, il trouva celui-ci inconscient. Le Capitaine de Montsalvy, qui veillait le blessé, expliqua au messager que le commandant avait perdu connaissance le matin. Il réceptionna la lettre de la Comtesse et assura qu’il la remettra à son supérieur dès son réveil et qu’il était inutile d’en informer la dame du Comte.  Le porteur s’en alla sur ces consignes. Il laissa là les deux officiers.

     De longs jours passèrent, sans que le commandant ne reprenne connaissance. Ses hommes étaient partagés entre le fait, qu’au moins il ne souffrait pas, et la peur de ne jamais le revoir éveillé. Ils hésitaient sur la conduite à tenir, envers l’épouse de celui-ci. Devait-il ou non la prévenir ? Ils décidèrent de suivre l’avis de l’ordonnance du Commandant et de n’avertir celle-ci qu’à la mort du Comte selon le souhait de celui-ci.

      Plusieurs semaines se déroulèrent sans le moindre signe de conscience chez Jean. Enfin, le matin du 28 octobre 1700, il s’éveilla en proie à une forte fièvre. Il trouva le médecin à son chevet. Celui-ci effectuait sa visite quotidienne. Voyant son patient s’agiter et s’éveiller, il lui recommanda :

    « Ne bougez pas, Commandant. Vous êtes inconscient depuis de nombreuses semaines et votre corps a faibli. Votre réveil relève du miracle, je ne pensais plus vous revoir Monsieur le Comte.

  • Mon état est-il si préoccupant Doc’ ? essaya de plaisanter le blessé.

  • Hélas, oui. Comme je le disais à vos hommes avant votre réveil, je ne vous donne que quelques jours à vivre. Et je pense qu’il aurait été préférable que vous ne vous réveillâtes point. Vous allez au-devant de grandes souffrances.

  • Dans ce cas, Doc’ j’aimerais me confesser, murmura le malade, qu’on aille me quérir un prêtre. »

      Un officier partit aussitôt chercher un curé, qui vint rapidement  confesser le pêcheur. L’homme de religion resta au chevet du Comte pendant toute son agonie qui dura trois jours. Au matin de son dernier jour, Jean, dans un moment de lucidité réclama l’extrême onction. Après l’avoir reçu de l’aumônier, il manda qu’on ramène son corps chez lui, auprès des siens. Jean de Rugès Comte de Savigny et Commandant de la Cavalerie Royale s’éteignit sur ces derniers mots. Le chirurgien lui ferma les yeux et déclara que pour des raisons sanitaires, l’on devait enterrer de suite le défunt. L’ecclésiastique accepta de diriger la cérémonie.

      Celle-ci se déroula au village en toute simplicité devant la populace réunie pour un dernier adieu à ce vaillant homme, mort pour les protéger. Ils apprirent avec stupeur le grade et le titre de noblesse du mort.  Ils ne revenaient pas qu’un si noble individu aie sacrifié sa vie pour tenter de sauver l’un des leurs. Jamais auparavant, ils n’avaient vécu pareille situation. Cet acte de bravoure, leur fit dire que contrairement à ce qu’ils croyaient certains nobles étaient de bon et braves hommes, et non des brutes assoiffés de pouvoir et de richesse au détriment des pauvres hères  placés sous leurs protections.

     Aucun d’entre eux n’ignorait les sévices et brimades subis par les malheureux paysans ou serviteurs sous le joug de maîtres nobles sans scrupules. La plupart apprenait la chose par un cousin de la campagne ou avait grandi en voyant leurs parents besogner sans compter aux services de maîtres ingrats. Les travailleurs des champs ne recevaient autre récompense que le mépris du noble venu prendre plus que sa part des récoltes, leur laissant rarement assez pour se nourrir convenablement. Les domestiques de maison, eux, subissaient les exigences, parfois extravagantes, des patrons.

     Le sort des femmes employées dans les maisons n’étaient guère plus enviables. Quand elles ne servaient pas des maîtresses acariâtres, jamais satisfaites, elles repoussaient les maîtres un peu trop entreprenants au risque de perdre leur place ou de se retrouver enceintes, si elles cédaient à leurs avances.

     Dans ces tristes cas, non seulement les célibataires étaient déshonorées aux yeux de tous, mais bien souvent elles se faisaient chassées sans pitié des demeures où elles servaient, sans argent avec un enfant à charge. Ce dernier s’avérait le plus souvent un lourd fardeau à traîner derrière soi, preuve de déshonneur et de peu de vertu rebutant les éventuels époux ou employeurs.

     Certaines de ces malheureuses bénéficiaient de plus de chance : soit on les mariait à un des domestiques de la maison qui acceptait de prendre en charge l’enfant, soit étant déjà mariée, on attribuait la grossesse à l’époux afin d’éviter tout scandale ou esclandre.

Dans :
Par Virginie de Rugès
Le 15 août 2014
A 11 h 49 min
Commentaires : 2
 

2 Commentaires

  1.  
    jaclyn
    jaclyn écrit:

    oh! Jean est mort!

    Dernière publication sur Pas de nouvelles bonnes nouvelles : Le sac

  2.  
    Sabeha
    Sabeha écrit:

    Jean est mort… Et le peuples villageois continue de souffrir même en apprenant la nouvelle

Répondre Sabeha Annuler la réponse.

 
 

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