Une vie de famille sous Louis XIV

un récit à base d'Histoire

 

Chapitre 06 partie 2/2

      La maîtresse de maison bavarda avec son invité et son fils. Elle les interrogea sur la vie au Collège. Madeleine se montra charmante et pleine d’esprit, comme elle savait l’être lorsque elle était de bonne humeur et que rien ne venait l’inquiéter ou tout simplement lorsqu’elle devait jouer son rôle d’hôtesse ou paraître à une réception.

      D’un fort caractère, dompté par l’apprentissage des manières que se devaient d’avoir toutes jeunes filles de noble naissance, elle avait été élevée par une gouvernante au sens pratique et un père veuf, Louis de La Chambre, Vicomte de Maurienne. Celui-ci avait quitté son état pour se rendre en France, pays d’origine de son épouse. En effet, atteinte d’une grave maladie apparue au cours de sa seconde grossesse, celle-ci manifesta le désir de revoir son pays et d’y donner le jour à son enfant à venir. A ces fins le vicomte avait acquis la baronnerie du Moulin, dans le Comté de Rouville, proche de la frontière du duché de Savoie, pour s’y établir avec son épouse et leur fille aînée Madeleine. Cette dernière avait très tôt appris les fonctions de maîtresse de maison. En outre sa gouvernante lui avait enseigné que pour être respectée de ses domestiques, une châtelaine devait être capable d’effectuer les tâches les plus basiques elle-même. Ainsi elle montrait l’exemple aux serviteurs ou pouvait se rendre utile en cas de revers de fortune de son époux. Elle lui enseigna que le respect s’obtenait avec la douceur et la fermeté ainsi qu’avec un peu de crainte. Sa mère était morte en couche de sa sœur Sophie alors qu’elle était en bas âge. Les deux sœurs trouvèrent un exemple en la personne de la Comtesse de Rouville, veuve et mère de deux enfants : le jeune François-Louis de Rouville et sa petite sœur Marguerite du même âge que Madeleine. Cette dame était connue pour sa douceur et son dévouement envers les plus démunis mais également comme étant d’une grande beauté et une hôtesse accomplie. Au fil des ans, alors que sa santé déclinait et désireux de donner un modèle féminin de qualité à ses filles, le vicomte épousa la mère des deux enfants. A la mort de son deuxième époux qui ne lui avait pas donné d’enfants, celle-ci considéra les deux orphelines comme ses propres filles et les éleva comme telle. 

       Une fois à table tout en conversant avec les convives présents et dégustant l’excellent souper préparé par la cuisinière, en l’honneur du retour de Christophe, la maîtresse de maison songeait qu’il n’était pas bon, que depuis l’annonce de la maladie de son époux, son mauvais caractère aie pris le pas sur la douceur et la fermeté qu’elle affichait ordinairement aussi bien aux membres de sa Maison (y compris le personnel) qu’à ses amis ou invités. Elle se rendait compte que sans doute elle s’était montrée excessive dans ses reproches, tellement la situation actuelle la préoccupait. Elle prit la résolution de mieux se contrôler à l’avenir et d’éviter de s’adonner à de nouvelles scènes. Une fois le repas achevé, les dames se retirèrent dans leur appartement en souhaitant une bonne nuit au futur Comte et son enseignant. Ceux-ci réintégrèrent également les leurs.

 

      Durant les semaines qui suivirent l’arrivée des deux nouveaux habitants au manoir, le temps s’écoulait ainsi pour chacun : 

     Madame de Savigny et sa dame de compagnie partageait leur temps entre les obligations de la comtesse, les visites à la nursery pour veiller à la bonne éducations des jeunes demoiselles, et la préparation de Christophe à son futur rôle en le faisant assister à toutes les tâches nécessaire à la gestion du Comté et plus particulièrement du domaine.  

     Christophe, lui, partageait son temps entre sa mère, son professeur et les sorties avec les jeunes gens du voisinage. Âgé de 13 ans, il était devenu un beau jeune homme, qui ressemblait fort à son père physiquement mais très peu moralement. En effet contrairement à l’auteur de ses jours, les études l’intéressaient fort peu. Passionné par l’art de la guerre et les femmes, il attendait avec une vive impatience de rejoindre à son tour la cavalerie royale et combattre aux côtés de son père. Élégant, élancé et raffiné, le fils du Comte remportait énormément de succès auprès de la gente féminine de toutes conditions. Et ne se privait pas d’en profiter. Ce comportement, d’ailleurs, ainsi que son goût du jeu, lui attirait souvent maintes querelles avec ses condisciples.  

     Heureusement pour lui le brave Hector, son valet, discret et dévoué, lui évitait souvent les ennuis en tempérant les outragés, et en taisant les mésaventures de son maître aux parents de celui-ci.  

      Hector, souvent, pour tenter de raisonner son jeune maître lui disait que si Monsieur le Comte et Madame apprenaient le comportement de leur fils, ils verraient les choses d’un très mauvais œil. Si il ne leur disait rien c’était seulement parce qu’il savait dans quelle colère cela les mettraient et que Madame la Comtesse serait très déçue et peinée de savoir que son fils s’adonnait aux vices du jeu et de la luxure. Le valet se refusait à causer un tel tourment à Madame, toujours si bonne avec lui.  

      Malheureusement ces sages paroles tombaient dans l’oreille d’un sourd. Christophe promettait de ne pas recommencer. Mais quelques jours plus tard, Hector affrontait à nouveaux les créanciers et les personnes offensées par son maître.

Dans :
Par Virginie de Rugès
Le 13 août 2014
A 13 h 33 min
Commentaires : 2
 

2 Commentaires

  1.  
    jaclyn
    jaclyn écrit:

    Eh bien, Christophe fait n’importe quoi!

    Dernière publication sur Pas de nouvelles bonnes nouvelles : Le sac

  2.  
    Sabeha
    Sabeha écrit:

    Pour Christophe ça rentre d’un côté et ça sort de l’autre… Autant parler à un mur non ..?

Répondre Sabeha Annuler la réponse.

 
 

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