Une vie de famille sous Louis XIV

un récit à base d'Histoire

 

Chapitre 05 partie 3/3

      Une fois seule, Madeleine s’apaisa peu à peu en parcourant ses jardins qu’elle aimait tant. Le calme, et l’ordonnance parfaite de cette végétation, avait souvent réussi à la rendre sereine, et à l’aider à réorganiser ses pensées. Après quelques instants de solitude, elle se rendit compte de la dureté des paroles prononcées, envers celle qui, jadis, partageaient ses jeux d’enfants. Elle se promit de lui présenter ses excuses dès la première occasion. En attendant de dîner, elle entreprit de reprendre ses esprits. En effet, la possibilité de perdre son mari, et de vivre la même mésaventure que son amie lui faisait perdre la raison. Elle resta, ainsi, plongée dans ses pensées.  Elle sursauta aux douze coups de midi égrenés par le clocher du village. Elle se rendit alors d’un pas vif dans son boudoir, où elle savait que son dîner l’attendait sûrement déjà. En effet, à son entrée dans la pièce, elle trouva sur une table son repas maintenu au chaud sous une cloche et Jeanne qui l’attendait. Celle-ci se permit de lui adresser une remarque :

  • Le repas de Madame, est servi, dit-elle en soulevant la cloche. Si je puis me permettre, j’attendais Madame plus tôt, je pensais que vous voudriez revêtir votre tenue de voyage avant votre repas.

  • Comment oses-tu te montrer aussi impertinente ?! Je n’ai aucun compte à rendre à une simple servante. Reprends-toi si tu tiens à garder ton poste ! C’est la dernière fois que je te le répète.

  • Oui madame. Pardonnez-moi dit-elle.  Elle débarrassa l’assiette que sa maîtresse venait de finir et la posa sur le plateau que récupérerait une fille de cuisine.

  • Maintenant change moi.

La soubrette obéit aussitôt. Aussi rapidement que le permettait la mode de l’époque, Mme De Savigny se retrouva vêtu de sa tenue de voyage.

  • Mme de Besnac vous fait dire qu’elle est prête et vous attend dans la voiture.

  • Bien, donne-moi ma coiffe et mes gants.

  • Les voilà, Madame, ainsi que votre cape.

  • Parfait, allons-y.

     Jeanne eut à peine le temps de jeter son châle sur ses épaules que sa maîtresse était déjà parti. Après s’être assuré du confort de celle-ci, elle s’installa dans la voiture destiné à transporter les effets de Monsieur Christophe ainsi que son valet, qu’elle était chargée de surveiller.

      Durant le trajet les deux amies se réconcilièrent, et Marguerite entreprit de distraire et détendre sa compagne par un bavardage futile. Elle y réussit si bien, qu’en arrivant au collège, la Comtesse était tout à fait prête à expliquer la situation, aussi bien au dirigent du séminaire qu’à son fils.

    Dès l’arrêt des deux voitures Jeanne se précipitât pour aider sa maîtresse et son amie à descendre. Tandis qu’elle regardait les deux femmes entrer dans l’imposante bâtisse, la jeune femme de chambre avisa un valet gardant plusieurs malles. Elle s’informa auprès du cocher si c’était là le valet de Monsieur Christophe. Il lui répondit par l’affirmative.

      La jeune servante, entrée depuis peu au service de Madame avait vite compris qu’elle ne pourrait avoir meilleur allié dans la demeure que le vieux Joseph. Il servait depuis toujours la Maison De Savigny. Né au domaine une quarantaine d’années plus tôt, il ne l’avait jamais quitté. Dès qu’il fut assez âgé pour travailler, on le nomma garçon d’écurie. Il monta en grade au fil des années jusqu’à hériter de la charge de cocher de son père, à la mort de celui-ci.

     Il avait vu naître et grandir le comte actuel, puis se marier et avoir des enfants à son tour. Il avait raconté à Jeanne son enfance au domaine et sa vie d’adulte. Il s’était pris d’affection pour cette petite débarquée de sa campagne. Elle lui rappelait sa femme, morte peu de temps après leur mariage, lors de la mise  au monde d’une fille mort-née. Celle-ci venait aussi de la campagne. Mais elle n’avait pas les mains habiles de la petite Jeanne, et ne pu obtenir meilleur poste que fille de cuisine. Tous deux étaient rapidement tombés amoureux l’un de l’autre. Joseph avait demandé à la Comtesse Marie la permission d’épouser Sidonie. La châtelaine malgré son air revêche consentit à l’union. Le mariage eut lieu le dimanche d’après. La mariée tomba rapidement enceinte, et quelques mois plus tard, elle et sa fille mourraient en couche. Et Jeanne dans ses 15 ans tout frais lui avait indubitablement fait penser à celle qu’aurait pu être sa fille. Dès lors, il adoptait un comportement paternaliste envers celle-ci, qui lui rendait bien.

 

        L’adolescente fit signe au valet de mettre les malles dans la voiture, préposée à cet usage. Celui ci hésita à obéir à cette jeune donzelle, qu’il n’avait encore jamais vu et demanda l’approbation de  Joseph. Lorsque celui-ci lui confirma d’un hochement de tête qu’il s’agissait bien des ordres de la Comtesse, il s’exécutât.

Dans :
Par Virginie de Rugès
Le 10 août 2014
A 13 h 21 min
Commentaires : 2
 

2 Commentaires

  1.  
    jaclyn
    jaclyn écrit:

    J’aime bien Jeanne

    Dernière publication sur Pas de nouvelles bonnes nouvelles : Le sac

  2.  
    Sabeha
    Sabeha écrit:

    Que c’est mignon les souvenirs même ci cela est douloureux

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