Une vie de famille sous Louis XIV

un récit à base d'Histoire

 

Chapitre 05 partie 2/3

       En effet les deux femmes avaient grandi ensemble dans la même maison comme deux sœurs après le remariage de leur parent respectif. Le père de Madeleine gravement malade décéda peu de temps après son remariage. Il ne laissa à sa veuve aucune descendance hormis ses deux filles de sa précédente noce. Le fils aîné, en âge de convoler, n’avait guère apprécié de voir sa mère s’unir une nouvelle fois et de plus ramener deux fillettes et un beau-père malade.

      Lorsque son second époux décéda, quelques mois après leurs épousailles, la châtelaine, accepta la demande de sa fille et de l’aînée de ses belles-filles. Elle garda à sa charge les deux orphelines, âgées de 5 et 3 ans, avec leur nourrice promut gouvernante. En effet Marguerite et Madeleine, du même âge, avaient partagé leurs jeux d’enfants ensemble et étaient bonnes amies. La veuve fit donner aux deux jeunes demoiselles la même éducation qu’à sa propre fille.

      A la mort de la châtelaine, sept ans plus tard, son fils devenu le maître des lieux envoya la plus jeune de ses belles-sœurs finir son éducation dans un couvent, en attendant qu’elle soit en âge de prendre époux. Sur les conseils de son épouse, il plaça la seconde, accompagnée de sa gouvernante, au service de la dauphine, en qualité de demoiselle d’honneur. Les deux orphelines ne protestèrent point. Elles connaissaient trop le caractère méchant de leur beau-frère.  Elles savait fort bien que si elles restaient, le châtelain et son épouse feraient de leur vie un calvaire. Néanmoins chagrinée à l’idée de devoir se séparer et de quitter leur amie, elles promirent toutes trois de correspondre régulièrement.

      Le maître des lieux, joueur invétéré, devait de nombreuses dettes à un seigneur voisin, le sieur de Besnac. Afin de se faire un allier du vieux seigneur, en échange de l’oubli de ses dettes, et au mépris de faire une mésalliance, il lui offrit sa sœur en mariage. L’époux de cette dernière décéda, cinq ans plus tard. Il laissa à sa veuve peu de biens et un beau fils peu amical. Celui-ci, sans la moindre honte, la jeta à la rue.

      Malgré les années passées, et les mariages respectifs de chacune, les trois jeunes femmes continuèrent d’échanger une correspondance assidue. C’est ainsi que Mme De Savigny apprit la mésaventure de celle qu’elle considérait comme une sœur. Elle lui proposa alors de devenir sa dame de compagnie. Celle-ci avait refusé de s’installer simplement au château De Savigny en tant qu’invitée. Ainsi, non seulement elles se voyait tous les jours, mais en plus Marguerite pouvait vivre en toute sécurité sans crainte d’être chassée et disposait d’un petit revenu.

      La présence discrète et amicale de sa dame de compagnie réconfortait Madeleine, comme toujours dans les instants difficiles.

  • Merci de votre soutient, chère amie, mais si vous voulez bien cessons de s’apitoyer sur mes déboires et rendons nous à la nursery .

      Sur ces mots les deux femmes quittèrent la pièce et se rendirent auprès des deux plus jeunes demoiselles De Savigny. A leur entrée, la nourrice et Louise ainsi que sa bonne firent une révérence. Madeleine de fort méchante humeur remarqua immédiatement que Louise cachait ses mains derrière son dos.

  • Que cachez-vous donc derrière votre dos Louise ?

  • Rien Mère.

  • Allons, ne me mentez pas, petite sotte ! Montrez-moi vos mains ! Dépêchez-vous ! commanda-t-elle d’un ton sec.

Louise s’avança et montra ses mains à sa mère. Celle-ci se montra fort contrariée de les découvrir toutes noires de terre.

  • Où donc, êtes-vous encore allé, cette fois-ci ? C’est inadmissible. Je tiens à ce que vous soyez toujours propre comme se le doit une demoiselle.

  • Quand à vous, reprit-elle en s’adressant à Françoise, je ne vous emploie pas pour trouver ma fille crasseuse quand je lui rends visite ! Que cela ne se reproduise plus.

  • Je suis désolée Madame, veuillez me pardonner. Nous rentrons juste du jardin où Mademoiselle Louise a pris de l’exercice. Elle a failli tomber et c’est rattrapé sur ses mains. Vous êtes arrivée quand j’allais laver ses mains.

  • Eh bien, tachez d’être vigilante la prochaine fois ! lui rétorqua sa maîtresse

  • Oui, Madame.

     Après cet incident Louise récita aux deux visiteuses ses leçons qu’elle commençait à fort bien savoir. Mme de Besnac la félicita d’un sourire pour compenser l’oreille distraite qu’accordait son amie à l’enfant. Après s’être assurées de la santé des fillettes, toutes deux quittèrent la nursery.

     Afin de tenter de ramener la bonne humeur de la maîtresse de maison, Marguerite, proposa à son amie une promenade dans les jardins du domaine. Ceux-ci avaient souvent rendu le sourire et apaisé la Comtesse. Durant la promenade, Mme de Besnac prit la parole :

  • Ma chère, je sais que vous vous souciez de votre avenir et de celui des vôtres, et je le comprends tout à fait. Mais vous avez été bien dure avec cette pauvre petite Louise, après tout ce n’est qu’une enfant. Vous n’avez même pas remarqué ses efforts pour se faire pardonner. Vraiment mon amie, il vous faut vous reprendre. Songez que vous avez la chance d’avoir des bonnes d’enfants qui n’iront pas raconter votre emportement aux domestiques, sinon vous auriez été la risée de tout votre personnel.

  • Allons, que me contez-vous là… La bonne savait bien que je venais ce matin, s’était son rôle de veiller à ce que ma fille ne se salisse pas. Bien entendu, vous ignorez les soucis que causent les filles, vous n’avez jamais élevé d’enfants à part un beau fils ingrat qui vous a jeté à la rue !

  • Madeleine ! Vous… Vous dépassez les bornes ! Me renvoyer cet événement si douloureux alors que je tente de vous montrer l’injustice de votre comportement, me peine sincèrement. Jamais je ne vous aurais pensé si cruelle ! Sur ce, si vous voulez bien m’excuser je préfère me retirer jusqu’à notre départ de cet après-midi. Elle quitta les jardins, sur ces mots, pour se rendre dans ses appartements, profondément blessée par cette pique si inattendue de sa compagne d’enfance.

Dans :
Par Virginie de Rugès
Le 10 août 2014
A 12 h 33 min
Commentaires : 3
 

3 Commentaires

  1.  
    jaclyn
    jaclyn écrit:

    Madeleine est cruelle avec son amie!

    Dernière publication sur Pas de nouvelles bonnes nouvelles : Le sac

    •  
      Virginie de Rugès
      Virginie de Rugès écrit:

      Oui, mais comme vous l’avez surement lu dans la partie suivante, elle s’en rend compte et regrette. C’est du à la crainte de la perte de son mari et à la peur d’un avenir incertain …

  2.  
    Sabeha
    Sabeha écrit:

    Dur, cruelle voilà qui résume madeleine envers les personnes qui l’entourent

Répondre jaclyn Annuler la réponse.

 
 

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