Une vie de famille sous Louis XIV

un récit à base d'Histoire

 

chapitre 04 partie 3/3

              Peu de temps après la sortie du majordome, la femme de chambre de Madame, Jeanne, entra :

  • Vous m’avez demandez Madame ?

  • Ah te voilà ! Ou étais tu encore passé ?! Voilà plus d’une demi-heure que je te sonne !! Il a fallu que je te demande auprès de Jacques, pour que tu viennes !! C’est inadmissible !!! morigéna-t-elle sa femme de chambre.

  • Que Madame me pardonne, j’étais sortie rendre visite à ma sœur malade, domestique au domaine voisin, je viens de rentrer. Je pensais que Madame n’aurais plus besoin de moi ce soir… tenta de s’excuser la malheureuse employée.

  • Tu es à mon service, tu dois être prête à être auprès de moi à n’importe quel moment ! Tu rendras visite à ta sœur quand tu seras de congé ! Je ne te paye pas pour ça ! Pour la peine je demanderais à Mme Dupont de retenir ton prochain congé pour rattraper ton absence de ce jour, tu travailleras. Peut-être qu’ainsi tu apprendras à servir tes maîtres de manière correcte !

  • Mais Madame … tenta d’intervenir la pauvre servante.

  • Estime-toi heureuse ! à la prochaine incartade tu perds ta place !

  • Bien, Madame, je tacherai de m’en souvenir… Je vous remercie de cet avertissement.

  • Je l’espère bien, petite ingrate. Je t’ai tiré de la misère après tout… Bon ce n’est pas tout, je ne te sonne pas depuis une demi-heure, juste pour te faire la leçon. Prépares moi pour la nuit. Ensuite tu iras prévenir la nourrice que je verrais mes filles demain matin, informe Mme de Besnac que je souhaite annulé mes obligations de demain après-midi. Préviens la cuisinière que je dînerais demain à midi pile, et qu’à partir de demain soir Monsieur Christophe et son nouveau précepteur seront parmi nous. Ils souperont en ma compagnie. Informe Mme Dupont que je souhaite la voir demain matin. Pour demain, je porterai ma robe en satin écarlate le matin, et ma robe de voyage bleu mourant l’après-midi et bien entendu ma coiffe assorti. Tâches d’y tenir prêt pour une fois !

  • Bien Madame, il en sera fait selon vos exigences.

     

Après avoir aidé sa maîtresse dans ses préparatifs nocturnes, Jeanne souhaita une bonne nuit à celle-ci et se retira pour exécuter ses ordres.

 

 

Le lendemain matin à l’heure du lever de la maisonnée, Jeanne entra dans la chambre de Madeleine :

  • Bonjour Madame, il est l’heure. Je vous apporte votre déjeuner. J’ai pensé qu’il vous serait agréable de le prendre au lit.

  • C’est bien, apportes le moi.

  • Tout de suite Madame, s’exécuta la servante.

  • Ma robe est-elle prête ?

  • Oui, Madame. Elle vous attend dans votre cabinet de toilette ainsi qu’un bain. Mme Dupont attend vos ordres dans votre boudoir. Quant à Mme de Besnac, elle patiente dans votre petit salon.

  • Bien. Qu’en est-il de mon dîner ?

  • Il vous sera servi à 12h pile dans votre boudoir.

  • J’ai fini, aide moi à passer ma robe de chambre puis rapporte le plateau en cuisine. Ensuite tu reviendras pour me vêtir et me coiffer.

     

Une fois sa maîtresse contentée, Jeanne rapporta le repas matinal en cuisine, tandis que Madeleine se baignait dans l‘eau chaude et parfumée. Jeanne fit son entrée dans le cabinet de toilette, au moment où les baigneuses finissaient de sécher la Comtesse. 

  • Mesdemoiselles, vous pouvez disposer.

  • Jeanne tu arrives à temps pour une fois ! Habilles moi je suis sèche.

 

Cette dernière s’empressa d’obéir, commença alors le ballet quotidien de la toilette de Madame. La jeune femme de chambre passait d’abord une chemise de dentelle à sa maîtresse puis lui laçait par-dessus son corset, ensuite venaient des bas de soie suivis de 2 cottes (jupes), enfin une robe simple lorsque madame restait en sa demeure, ou un corsage cousue à une jupe surmontée d’une robe ouverte sur le devant dont on accrochait les côtés à l’aide de rubans pour les sorties de Madame. Pour finir Jeanne coiffait la comtesse en fonction des désirs de celle-ci. 

  • Comment, Madame, souhaite-t-elle être coiffée aujourd’hui ?

  • Relève mes cheveux en chignon.

 

La soubrette s’exécuta et savamment réunit les cheveux de sa maîtresse en un élégant chignon, retenu sur la nuque par une résille parsemée de quelques fils dorés accompagnés de perles.

Dans :
Par Virginie de Rugès
Le 9 août 2014
A 16 h 50 min
Commentaires : 4
 

4 Commentaires

  1.  
    jaclyn
    jaclyn écrit:

    Quelle cérémonie pour l’habiller!
    C’est bien écrit en plus!

    Dernière publication sur Pas de nouvelles bonnes nouvelles : Le sac

    •  
      Virginie de Rugès
      Virginie de Rugès écrit:

      Oui, c’était pas simple à l’époque … Je ne suis pas sûre que les femmes d’aujourd’hui supporteraient toutes ses contraintes …
      Merci du compliment :)

  2.  
    Valérie
    Valérie écrit:

    Moi j’aurais pas supporté d’être Jeanne !!!!

  3.  
    Sabeha
    Sabeha écrit:

    Et à l’époque ils n’avaient pas de bloc note pour tout noter et se rappeler de ce qu’il devait faire. Moi je dis chapeau, en plus c’est vrai que c’est bien raconté !

Répondre jaclyn Annuler la réponse.

 
 

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