Une vie de famille sous Louis XIV

un récit à base d'Histoire

 

Chapitre 02 partie 1/3

         Jean rentra en permission ce 30 août 1699, afin d’assister aux funérailles de sa mère. La comtesse Marie avait en effet rendu l’âme et rejoint son Créateur, Dieu, quelques jours auparavant.

 Jean était en garnison non loin de son domaine lorsqu’il apprit la nouvelle et pût aussitôt demander à son supérieur une permission pour assister à la mise en terre de sa mère.

 Lorsqu’il arriva, un valet s’occupa de sa monture et l’aida à démonter. Un autre récupéra le pacage militaire de son maître et l’informa que ses appartements étaient prêts à l’accueillir, qu’un bain et des vêtements civils l’attendaient, afin qu’il se débarrassa de la poussière du voyage et se présenta convenablement devant les siens.

 Une fois sa toilette effectuée et ses vêtements de deuils revêtus le comte descendit au grand salon où sa famille l’attendait. Lorsqu’il entra Madeleine et Christophe se levèrent pour l’accueillir tandis que ses 3 filles aînées plongèrent dans une profonde révérence. Louise resta debout accrochée à la main de sa nourrice. Celle-ci portait également la petite Eleanor âgée seulement de 3 mois. Avant de saluer son épouse, Jean remercia son fils d’avoir quitté le collège où il étudiait afin de le représenter auprès de ses vassaux et de soutenir sa mère et ses sœurs dans cette épreuve.

     Ensuite, Jean releva Virginie, sa fille aînée, l’embrassa sur le front et la félicita sur sa parfaite révérence. Celle-ci rougit sous le compliment de son père. De voir sa fille rougir, il fût frappé par la ressemblance entre son aînée et son épouse. Puis il releva Sophie et Marie et les embrassa sur le front, les complimenta sur leur progrès en maintient. A ce moment-là il se retourna vers sa femme et lui demanda :

              « Où sont les deux petites ?

  • Elles sont là Louise, se cache derrière Catherine, qui porte notre Eleanor, lui répondit-elle

  • Eh bien, Louise, dit-il après s’être tourné vers sa fille, vous ne venez pas saluer votre Père ?

  • Que monsieur lui pardonne, intervint Catherine la nourrice, la petite a beaucoup de chagrin de la perte de Madame sa grand-mère et refuse de voir qui que ce soit.

  • Ma chère, cet incident m’est désagréable. Imaginez ma honte, si cet incident avait eu en public… reprocha-t-il à sa femme. Veillez à ce que cela ne se reproduise plus. J’attends de mes enfants des manières et une conduite irréprochable !

  • Bien entendu, mon ami. Louise restera à la nursery jusqu’à qu’elle se tienne parfaitement.

  • Maintenant, reprit-il vous pouvez tous disposer.»

Là-dessus il se retira dans son salon privé. Celui-ci se meublait d’un bureau ainsi que d’un fauteuil, et d’une vitrine ou le comte aimait exposer ses souvenirs de campagnes militaires.

 

Une fois son époux retiré la comtesse donna ses ordres : 

  • « Virginie retournez à votre ouvrage.

  • Oui, Mère.

  • Marie, Sophie votre professeur vous attend dans le salon de musique pour votre leçon de clavecin.

  • Catherine, menez Louise et Eleanor à la nursery. Je ne veux pas les voir avant ce soir. La préparation d’un enterrement n’est pas pour des demoiselles si jeunes.

  • Bien Madame, répondit la nurse.

 

Une fois les trois aînées sorties de la pièce, Catherine partit en direction de la nursery. Elle portait Eléanor dans ses bras pendant que Louise trottinait derrière elle.

  • Quand à vous Christophe, un enseignant vous attend dans votre petit salon.

  • Bien Mère. Je m’y rend de suite.»

 

     Christophe sortit de la pièce et monta à l’étage de ses appartements, rentra dans son petit salon où patientait son professeur. Christophe aspirait à rentrer dans la cavalerie du Roi tout comme son père. Il pensait à ses sœurs, surtout à sa jumelle Virginie, il la trouvait changée, grandie, il réalisait qu’elle devenait une jeune fille maintenant. La compagne de ses jeux et farces d’enfant était loin. « Mais après tout c’est naturel, pensait-il moi aussi j’ai changé, le collège me grandit, m’aide à devenir un futur officier du Roi. »

 

      Virginie, elle, s’était retirée dans le salon de musique pour suivre les progrès de Marie et Sophie. Bien que concentrée sur sa tapisserie, elle observait ses sœurs : « J’envie Marie d’être aussi calme, aussi posée, déjà une vrai demoiselle, contrairement à moi au même âge, qui ne pensait qu’à monter ma jument et galoper à travers champs. Combien d’efforts et de patience avaient fournis Mère et notre préceptrice pour que je devienne la jeune fille posée et sérieuse d’aujourd’hui. Alors que Marie, elle a toujours été comme maintenant, une dame miniature comme disait Catherine. Déjà, petite, Marie s’appliquait à imiter Grand-mère, d’ailleurs Marie ressemble étonnamment au portrait que j’ai vu d’elle jeune, les même cheveux noirs raides, les mêmes yeux verts, aussi gracieuse qu’elle. Mère n’aura aucune difficulté à la marier et à en faire une véritable dame. Sophie, elle, me ressemble plus. Comme elle peine sur son solfège, ma pauvre petite Sophie, qui vient d’avoir 7 ans. Je vois bien que cela l’ennuie d’étudier et qu’elle aimerait mieux jouer avec Louise par exemple. »

       Louise, dans la nursery jouait avec sa poupée, bien contente d’avoir échappé à ce père si grand, si impressionnant qu’il l’effrayait, et cette mère qui avait l’air si triste depuis que sa grand-mère était partie au ciel. Catherine, elle, au moins jouait avec elle quand Eleanor dormait, sinon ce serait ennuyeux, maintenant que Sophie avait quitté la nursery Ici elle se sentait en sécurité loin des grands. Ce qu’elle préférait c’était quand Virginie lui rendait visite et s’occupait un peu d’elle. Elle trouvait toujours des jeux drôles et n’avait pas peur de salir sa robe, contrairement à Marie, qui, elle, quand elle venait, l’ennuyait avec ses conseils pour bien se tenir et ne consentait qu’à jouer à la poupée de temps en temps. Sa mère, elle, se contentait de venir l’embrasser, une fois par jour, et ne venait que pour vérifier qu’elle se portait bien et savait ses petites leçons de manières.

Dans :
Par Virginie de Rugès
Le 7 août 2014
A 22 h 41 min
Commentaires : 3
 

3 Commentaires

  1.  
    jaclyn
    jaclyn écrit:

    J’aime beaucoup ce que vous écrivez. C’est très vivant!

    Dernière publication sur Pas de nouvelles bonnes nouvelles : Le sac

  2.  
    Sabeha
    Sabeha écrit:

    Ce que tu écris est touchant et vivant, on a vraiment l’impression d’assister à la scène.

Répondre Virginie de Rugès Annuler la réponse.

 
 

Fictionmania |
Le Souffle |
Plumenouvelle |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Une phrase, voire plus..
| book's house
| La bibliothèque de Sophie