Une vie de famille sous Louis XIV

un récit à base d'Histoire

 

Chapitre 16 partie 4/4

Savigny-en-Revermont, le 27 janvier 1701

     Ma chère Tante,

      Je ne saurais assez vous remercier pour vos précieux conseils. Nous nous réjouissons que tout se passe pour le mieux en vos terres.

     Vous saisîtes tout à fait les raisons de notre silence envers Mère. Bien qu’elle se porte mieux, elle préfère se décharger sur moi de la gestion de notre Maison. Ainsi se consacre t-elle entièrement et pleinement à Christophe. Mère et fils ne se séparent pour ainsi dire plus. J’en viens à redouter le départ de mon frère.

     Mais grâce à votre idée, excellente, cette séparation m’inquiète moins. Notre jeune Comte tout comme Mère acceptèrent de suite. Tous deux se montrèrent plus que ravis. Mère espère sans doute, ainsi, voir plus souvent Christophe. Quant à lui, je ne pense pas me tromper en affirmant, qu’il songea uniquement au prestige qu’ un mariage lui apporterait et à pouvoir, de cette manière, afficher aux yeux de tous son rang et sa puissance. Souhaitons qu’une union lui apporte raison et modération. La délicate tâche de l’y amener sans le brusquer et dans le même temps le soutenir reviendra à la future comtesse.

     Je n’aime guère aborder le sujet suivant. Écrire les prochains mots me rappelle la désagréable impression que l’on choisit épouse comme on commande du bétail. Mais ainsi veut le sort lorsqu’on naît femme de nos jours.

    Après de longues conversations avec Mère et Tante Marguerite, Christophe n’émettant pour seul critère, pour sa future épouse, la beauté, nous convînmes de ce que nous attendons de la futur comtesse.

    Nous recherchons une demoiselle de qualité, vierge ou jeune veuve. Mère insiste beaucoup sur les origines de la futur promise. Dans l’idéale elle viendra d’une famille d’un rang égale ou très légèrement inférieur au notre. Mère tolérera un rang moins élevé qu’en cas d’une noblesse plus ancienne que la nôtre. Si l’anoblissement s’avère récent il conviendrait que ce soit pour fait d’armes, les comtes de Savigny-en-Revermont étant aussi des militaires.

    La future bru de la comtesse douairière devra s’exprimer correctement dans notre langue si elle arrive d’une contrée étrangère et pratiquer sans bigoterie la religion catholique.

     Beauté et charme seront nécessaire pour capter l’attention du jeune Comte, intelligence et esprit l’aideront à le garder près d’elle et lui permettront, sans le froisser, de l’orienter sur le droit chemin. Bien entendu, grâce à une excellente éducation, elle saura réagir comme il se doit face à n’importe quelle situation.

     Je vous fait parvenir deux copies du portrait de Mr le Comte, commandé par Mère, peint récemment. Lune vous attendra en vos appartements versaillais et l’autre vous trouvera à Réant avec cette lettre.

     Veuillez recevoir tout mon respect, ma gratitude et mon affection.

Votre nièce,

Virginie de Savigny-en-Revermont

Dans :
Par Virginie de Rugès
Le 12 octobre 2018
A 20 h 44 min
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