Une vie de famille sous Louis XIV

un récit à base d'Histoire

 

Chapitre 16 partie 3/4

Réant, le 23 janvier 1701

     Ma chère nièce,

    Votre lettre nous trouva quelques jours après notre arrivée. Nous profitons de notre séjour campagnard pour nous assurer que tout se déroule selon nos souhaits sur nos terres. Personne ne se trouve à l’abri d’un malhonnête ou trop crédule régisseur. Heureusement pour nous, et pour lui, nous ne sommes point dans ce cas à ce jour.

    Malgré ma surprise de vous découvrir comme expéditrice, je comprends vos raisons de ne point révéler à votre mère les agissements de Christophe. Effectivement, un tel choc ne lui apporterait rien de bon, surtout lorsqu’elle commence à se remettre.

     S’occupe t-elle de nouveau de sa Maison ou vous en laisse t-elle toujours la charge ? Voyez cette tâche comme une préparation à votre rôle d’épouse. Votre belle-mère se félicitera de ne vous apprendre que peu de choses.

      Quel soulagement d’apprendre que le comte semble retrouver le droit chemin. J’imagine qu’il n’apprécia guère qu’une femme et une fille le sermonna quand bien même fut elle sa tante et sa sœur. Vous me demandiez conseil pour le maintenir dans ses bonnes résolutions. Après réflexion, une idée me vint : le marier. Tout homme souhaite perpétuer son nom et ses terres sur plusieurs générations. Votre frère, avide de gloire et de paraître, n’ y manque certainement pas. Faire un beau mariage puis engendrer un ou plusieurs héritiers, le motivera sûrement assez pour renoncer à ses folies. Voyez y, de plus, une occasion d’occuper votre mère après le départ de son fils.

     Parlez lui de ma proposition. N’hésitez pas également à annoncer à Christophe que le temps de prendre épouse est venue. Le domaine et ses gens réclament une comtesse et un héritier. De plus la nouvelle comtesse, votre mère vivant toujours et pouvant gérer le domaine, pourrait représenter le comte à la cour, libérée des devoirs de maîtresse de maison.

      Si votre frère accepte, et je doute qu’il refuse, envoyez moi son portrait en miniature, dessiné et peint par vous même si besoin. Je vous sais fort adroite en ces domaines. Ainsi si le comte y consent, je commencerai à lui chercher une fiancée.

      Saluez pour moi votre mère et Marguerite.

Avec toute mon affection,

Sophie Duchesse de Réant

Dans :
Par Virginie de Rugès
Le 12 octobre 2018
A 21 h 43 min
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