Une vie de famille sous Louis XIV

un récit à base d'Histoire

 

Chapitre 16 partie 1/4

Versailles, 16 janvier 1701.

      Ma chère sœur,

     De bien étranges rumeurs circulent à la cour. Il paraîtrait que mon neveu se conduit fort mal. On l’accuse de mœurs légères et de perdre d’importantes sommes dans de folles parties de cartes ou d’autres jeux … Il me sembla même ouïr le mot dépravation.

    Je regrette de vous importuner avec ces commérages. Malheureusement il s’avère qu’au moins une partie se révèle exacte. En effet les créanciers de votre fils vinrent nous réclamer le remboursement de ses dettes. Vous imaginez, non sans mal, la contrariété de mon époux et notre déception à tous deux face à cette visite. Vous rapportez ces événements me coûte. Nombres de gentilshommes perdent aux jeu. Néanmoins ils se montrent discrets et règlent leurs dettes.

     Non seulement ces rumeurs risquent de nuire à la carrière de Christophe, mais également à celle du Duc de Réant si, par malheur, elles parvenaient jusqu’aux oreilles de Sa Majesté. Je ne sais par quel miracle le Roi ignore encore tout. Que le jeune Comte se souvienne qu’il doit son grade à l’influence de deux hommes : mon époux et le Marquis de Mantoue. Ces nobles messieurs convainquirent notre monarque ainsi que son ministre de la guerre de lui permettre de débuter au même grade que feu son père. Sans eux, il étudierait encore dans son collège ou occuperait un poste moins prestigieux.

     Je vous prie donc avec insistance de remettre votre aîné dans le droit chemin. Ce genre de comportement, inadmissible, ne doit plus se reproduire. Il me semble bien inutile de vous préciser que les créanciers repartirent sans un sous mais avec votre adresse.

      Laissons là les mauvaises nouvelles. Comment vous portez vous ? J’appris que malgré la fierté inspirée par la décision de Christophe, quelques soucis de santé vous atteignirent. A ce propos, complimentez Virginie pour moi, rarement je vis fille aussi attentionnée et inquiète pour sa mère. Je vous félicite quant à votre décision de la retirer du couvent pour lui apprendre à gérer une Maison. Vous ne pouviez faire de meilleur choix. Nous échangeâmes quelques lettres durant votre maladie.Votre état me navra, croyez moi, tout comme la lettre annonçant votre rétablissement me réjouit. D’après les dires de votre aînée, elle sût gagner le respect et obtenir l’obéissance de votre personnel. Je vous imagine donc très fière d’elle. J’ose gager qu’elle devient une excellente maîtresse de maison malgré ses utopies quant à la nature des domestiques. Rien d’incompréhensible pour qui vit comme vous, entouré de fidèles serviteurs. Une fois dotée par Christophe, vous ne manquerez point de prétendants. Le mariage et gérer sa propre Maison lui ôteront ses illusions de jouvencelle.

     Je me dois de vous avouer que je ne comprends toujours point les raisons qui vous poussent à garder sous votre toit cette enfant. Notre tuteur ne nous causa t-il point assez de souffrances pour que vous receviez sa fille ? Je puis concevoir que Marguerite la recueille et sen occupe, après tout elles partagent le même sang. Mais, vous, pourquoi la prendre en votre demeure ? Ne pouviez vous l’envoyez en pension ou dans un couvent ? Après tout vos propres filles y reçoivent une excellente éducation.

     Je vous laisse sur ces mots. Je me dois de superviser le chargement de nos bagages. Nous nous rendons dans nos terres, j’ose espérer que ces folles rumeurs ne soient plus que mauvais souvenirs à notre retour à la cour dans un mois.

Avec toute mon affection,

Sophie de Réant

Dans :
Par Virginie de Rugès
Le 12 octobre 2018
A 21 h 40 min
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