Une vie de famille sous Louis XIV

un récit à base d'Histoire

 

Chapitre 15 partie 3/3

        Cette ronde se révélait indispensable. Ils purent ainsi constater l’état délabrés des habitations. Faites de bois et de torchis, le toit en chaume de certaines présentaient des trous tel que pluie et vent s’infiltraient sans peine. Certains de ces gens ne mangeaient même pas tous les jours.

       L’inspection des lieux portait ses fruits. Christophe semblait reconnaître la justesse des arguments de sa sœur. Ces pauvres hommes et femmes se montraient tellement reconnaissants quand il leur annonçait qu’il s’occupait de leur situation. Tout en accomplissant son devoir, il réfléchissait au moyen de satisfaire sa sœur et ces gueux en dépensant le moins possible. Les hommes du village accepteraient sûrement de réparer les logis contre leur repas le midi et un peu de viande pour leur famille. Quand au matériel on trouverait certainement le nécessaire ou du moins la majeure partie dans le comté. Ainsi il ne dépenserait rien ou presque. Quand aux indigents ne pouvant travailler pour gagner leur pain car trop vieux, trop jeunes ou trop faibles, il confierait à Virginie leur recensement et chargerait les domestiques de leur distribuer les restes de la table des maîtres au lieu de les vendre. Son personnel râlerait sûrement un peu, de perdre un de leur privilèges, mais leur bon cœur et leur générosité prendraient le dessus et ils obéiraient finalement. Ainsi, non seulement, sa jumelle le laisserait peut être en paix, mais on vanterait sa générosité. 

       Tandis qu’ils chevauchaient en dehors du village, Virginie cherchait par quel moyen amener la conversation sur la conduite de son frère. Comme elle n’en trouvait point, elle décida d’aborder les choses franchement et directement :

            – Christophe, j’aimerai que tu prennes plus au sérieux ton rôle de Comte.

            – Ne viens-je pas de le faire à l’instant sœurette, en m’engageant à aider ces gens ?

            – Je ne parle pas que de ça. Désormais tu représente la famille, nos terres et notre honneur, tu ne peux plus te comporter inconsciemment et insouciamment.

              – Je n’entends rien à tes propos, je représente notre honneur et le roi et cherche à venger Père, en retrouvant cette bête … Que te faut il de plus ?

              – Oh je t’en prie ! Cesse donc de faire l’innocent ! s’emporta Virginie. Ne sais tu donc pas ce qui se dit sur toi ? Nous crois tu aveugles et sourdes ?

             - Explique toi ! la somma Christophe. Je ne vois pas ce que tu me reproche.

             - Par le jeux et la luxure tu jettes le déshonneur sur la famille.

             - Ce ne sont que de vulgaires commérages. J’aimerai connaître l’auteur de ses allégations et les lui faire ravaler.                         - Aie au moi la décence de reconnaître tes actes. Moi non plus au début je refusais de croire ses calomnies. Je mena donc mon enquête. Je te laisse deviner ma stupeur et mon effroi de découvrir que non seulement tu t’adonnais aux vices du jeux et de la chaire mais qu’en plus tu risquais l’honneur et la fortune familiale et ne prenais même pas la peine de donner une fausse identité.

              – Que comptes tu faire ? Me dénoncer à Mère ?

             - Non pas tant que tu ne m’y obliges pas, mais n’attends pas que l’on vienne lui réclamer tes dettes pour te reprendre en mains. Tu me trouves sans doute bien jeune pour te faire la leçon mais je me le permet parce que tu es mon frère que je te tiens à toi, mais encore plu à l’honneur de notre Maison et au bonheur de Mère et nos sœurs. Songe que si le déshonneur te frappe aucune de nous ne trouvera un mari. Et alors tu devras nous assumer jusqu’à ta mort.

             - Je te remercie de ta franchise. Il me semble bien loin le temps où tu partageais mes farces. Tu gagnes en maturité Virginie. Je retiens ton avertissement et te promet de réfléchir à ma conduite et de tenter de la modifier. Si tu veux bien maintenant rentrons.

             - Oui, allons y. Sans quoi tout le monde nous attendra pour dîner.

  

        Ils chevauchèrent en silence jusqu’aux écuries, chacun plongé dans ses pensées. Virginie se sentait soulagée d’avoir pu se livrer sans tabou à son frère. Elle espérait qu’il tiendrait compte de ses remontrances. Christophe, quant à lui, trouvait bien embêtant que sa jumelle connaisse son comportement. Subir ses remontrances l’ennuyait assez mais devoir s’occuper d’elle et de ses autres sœurs si elles restaient filles, poserait encore plus de désagréments. Il ne lui restait qu’une solution : régler ses dettes et stopper ses activités pendant un temps. Quand tout le monde aurait oublié ces histoires, il pourrait reprendre ses fréquentations de divertissement.

Dans :
Par Virginie de Rugès
Le 14 avril 2018
A 18 h 05 min
Commentaires : 2
 

2 Commentaires

  1.  
    sabéha
    sabéha écrit:

    J’adore l’histoire j’ai vraiment hâte la suite.

Répondre Virginie de Rugès Annuler la réponse.

 
 

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