Une vie de famille sous Louis XIV

un récit à base d'Histoire

 

Chapitre 15 partie 1/3

        Le pauvre Hector ne savait que faire. Il venait d’arriver. Bien sûr il transmit les ordres de son maître à l’intendante. Mais devait il s’ouvrir à Mlle Virginie au sujet du comportement de son jumeau tout de suite ou bien valait-il mieux attendre le lendemain matin ? Si il attendait, il risquait de passer à côté d’une occasion unique de parler sans que Christophe ne se doute de quoi que ce soit. Il réfléchit quelques instants et se décida à saisir sa chance. Il demanda à s’entretenir avec la jeune fille, il devait lui transmettre un message de Mr le Comte. Un domestique partit prévenir la demoiselle tandis qu’on fournissait au valet de quoi se décrasser et un rafraîchissement. Hector accepta de bonne grâce. Que c’était agréable de se retrouver enfin dans une maison civilisée et tout le confort allant de pair avec.

 

      Une quinzaine de minutes plus tard Virginie le recevait dans son petit salon :

 

       « Tu désirais me voir Hector ?

         - Oui Mademoiselle Virginie. Monsieur votre frère me charge de vous prévenir qu’il sera là pour souper en compagnie de ses troupes et souhaite qu’ils se joignent au repas familial.

         - Christophe nous impose de manger avec des militaires ce soir ? Je suppose donc qu’il s’agit de gentilshommes ?

         - 11 hommes accompagnent Monsieur le compte dont 4 gentilshommes campagnards, des sous-officiers. Les autres hommes sont de simples villageois. Ces hommes doivent tous disposer d’une chambre pour cette nuit comme j’en ai informé Madame Dupont. Bien que votre frère ne m’en aie point donné l’ordre, je tenais à vous avertir pour vous épargner toutes mauvaises surprises.

         - Je te remercie Hector. Mère ne verra pas ce souper d’un œil favorable mais si Monsieur le Comte souhaite inviter ses hommes à sa table, nous ne pouvons qu’accepter et faire bonne figure. Et bien … Tu sembles embarrassé ? C’est une idée de Monsieur le Comte, tu n’y peux rien et nul ne t’en tiendra rigueur. Je ne t’en veux pas je connais assez mon frère pour affirmer que pas un instant il ne pensa aux convenances.

         - Ce … Ce n’est pas cela Mademoiselle … bégaya le pauvre homme.

         - Et bien ? Qu’est-ce ? Parles ! s’impatienta Virginie.

         - Ce que j’ai à dire est difficile. De plus vous risquez de ne pas me croire.

         - Parles donc. Je verrais bien si je te crois ou non. Tu ne crains rien si tu ne me mens pas. À moins que je ne découvre que tu as commis quelque chose de grave … le mit elle en garde.

         - Il … il ne s’agit pas de moi … Mademoiselle …

          – Ah ? Et de qui alors ?

          – De Monsieur mon maître … répondit-il gêné en se balançant d’un pied sur l’autre.

          – Ah … Et qu’as-tu à dire sur Christophe ?

          – Voilà. Je voulais parler depuis un moment mais je n’osais pas. se lança le valet. Comprenez-moi, je ne suis qu’un simple domestique. Ma parole ne vaut pas grand-chose. Et puis je me suis dit qu’à vous je pourrais parler. Oh, je sais que vous ne me croirez peut être pas, mais je sais, que vous, au moins vous m’écouterez jusqu’au bout.

          – Je te remercie de ta confiance. Cesse de tourner autour du pot et parle.

          – Surtout ne dites pas à Monsieur le Comte que je vous ai parlé. Voilà, votre frère s’empêtre dans les ennuis. Il ne cesse de courir jupons et d’accumuler des dettes de jeux. Déjà du vivant de monsieur votre père, il se comportait ainsi. Néanmoins il se montrait plus discret et raisonnable. Depuis qu’il a hérité du titre, il multiplie les conquêtes et joue dès que se présente une occasion. Souvenez-vous la cérémonie commémorative en l’honneur de feu votre père. Vous aviez tous trouvé à Mr Christophe fort mauvaise mine. Contrairement à ce que Madame la Comtesse pensait, Mr le Comte ne passait point ses nuits à gérer les affaires du comté mais enfermé dans la bibliothèque, à fumer et boire avec ses comparses joueurs. Malheureusement pour lui, votre frère ne possède pas de chance aux cartes. À chaque nouvelle partie, s’ajoute de nouvelles dettes. Je dois vous avouer que nombres des soldats placés sous le commandement de votre père puis de votre frère, avaient déjà eu vent du comportement de Monsieur Christophe. Certains avaient dans leur entourage des compagnons de jeux ou des demoiselles le connaissant. Ils ne lui réservèrent donc pas le meilleur des accueil. Pour arrangé les choses il se montra plus discret et se concentra sur sa mission. Mais il n’a pas pour autant arrêté. Il profitait de chacun de ses repos pour sortir discrètement et aller dans quelque nouveau lieu de débauche où il pourrait jouer ou soulever un nouveau jupon ou même allier les deux. Pardonnez mon langage et mon impertinence Mademoiselle, mais vous devez lui faire entendre raison. Croyez bien que j’ai essayé, mais il ne m’écoute pas et me renvoie à ma condition de valet.

          – Je t’ai entendu Hector. Je vérifierai tes dires. S’ils s’avèrent exacts, je parlerai à Monsieur le Comte. Dans le cas contraire, prends garde à toi. On ne calomnie pas impunément son maître.

          – Merci de m’avoir écouté Mademoiselle.

          – J’ai à faire. Retire toi.

Dans :
Par Virginie de Rugès
Le 14 avril 2018
A 18 h 01 min
Commentaires : 0
 

Répondre

 
 

Fictionmania |
Le Souffle |
Plumenouvelle |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Une phrase, voire plus..
| book's house
| La bibliothèque de Sophie