Une vie de famille sous Louis XIV

un récit à base d'Histoire

 

Chapitre 14 partie 2/4

      Avant de descendre pour le dîner, la demoiselle fit un crochet par les appartements maternels. Il lui sembla déceler une lueur d’intérêt dans les yeux de sa mère lorsqu’elle lui annonça que le duc de Réant s’enquérait auprès de ses connaissances de son neveu. Cela venait confirmer ce que Virginie soupçonnait depuis longtemps. Seul son frère comptait vraiment. Allons cela n’était pas nouveau. Elle en prenait son parti. Ainsi allait le monde. Les parents préféraient les garçons. Après tout ceux ci conservaient le nom et le titre de la famille, et en plus ils le transmettaient à leurs fils ensuite. Ils représentaient la continuité. Les filles, elles coûtaient de l’argent. Il fallait leur constituer une dot, un trousseau, les vêtir , on les mariait en fonction des intérêts que cela pouvaient apporter aux Maisons concernées. Que pouvait elle y faire ? 

      Face à Marguerite qui l’observait, la jeune fille afficha un sourire de façade, ce sourire qui laisse croire que tout va bien. Midi sonnait, sa tante la prit par le bras et elles se dirigèrent ensemble vers la salle à manger. Aucune ne prononça le moindre mot. Comme si, la sœur de cœur de sa mère, devinait que seul le silence permettrait à sa nièce d’accuser cette désillusion et s’en remettre.

 

      Après le repas elle recevrait le père Benoît, prêtre de l’église du village. Il souhaitait faire avec elle le bilan des résultats de sa dernière visite auprès des gens vivant et travaillant sur les terres du Comte de Savigny-en-Revermont.

 

        À 15 heures elle retrouverait enfin Louise et Mina. Elle songeait les emmener faire une ballade à cheval jusqu’au village. Ainsi les demoiselles pourront constater leur chance de vivre dans une grande demeure où elles ne manquent de rien et où on les protègent des rigueurs du climats et de la vie. Elles emporteraient des vivres pour une collation et pour en donner à une famille du village dans le besoin.

 

       Ces deux heures confrontées à la dure réalité des inégalités de la vie remirent à sa juste place les tracas de l’aînée des demoiselles. Elle se désolait d’être fille et de voir sa mère préférer son frère. Elle devrait avoir honte. Tout près d’elle vivaient de pauvres gens se contentant de peu et travaillant dur pour mériter leur pitance. Non décidément elle n’était pas à plaindre. Maintenant, comme chaque jour, elle retournait à la gestion de son personnel. Avant le souper, Madame Dupont et Monsieur Dumont viendront pour le bilan quotidien.

 

      Lasse, elle décida de souper exceptionnellement dans sa chambre et de se coucher ensuite. À quoi bon faire un rapport de la journée à une personne qui visiblement ne se préoccupait plus de sa maison. Brièvement avant de s’endormir , Virginie songea qu’au moins le couvent épargnait à Sophie et Marie de remarquer le désintérêt de leur mère pour ses filles.

Dans :
Par Virginie de Rugès
Le 6 octobre 2017
A 8 h 01 min
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