Une vie de famille sous Louis XIV

un récit à base d'Histoire

 

Chapitre 13 partie 3/4

    L’heure consacré au personnel s’achevait. Le dernier domestique venu exprimer ses souhaits ou doléances quittait le petit salon dont Virginie avait fait son bureau. Elle se réjouissait. Son idée rencontrait un succès certain parmi ses gens de maison. Tous se montrait assez raisonnable jusqu’à présent. Une pause dans sa journée commençait à devenir nécessaire. Comparé au travail que nécessite la gestion d’une maison, la vie de pensionnaire de couvent lui paraissait tellement simple et loin. Pour le bien des siens, elle endossait de lourdes responsabilités. C’était là son rôle de fille aînée et sœur du comte.

   Rendre visite à Eleanor à la nursery lui permettrait de se changer les idées. Chaque nouvelle visite apportait son lot de progrès pour la benjamine de la fratrie. Ses escapades au royaume de l’enfance la ressourçait toujours. Ici elle se laissait aller, était elle même sans crainte de jugement ou reproche. Ce petit être réclamait seulement un peu d’attention et beaucoup d’amour. La jeune fille cédait à se besoin avec la meilleure volonté. La pouponnière redevenait le cocon de son enfance, le seul lieu où elle pouvait bénéficier d’un instant de répit.

   Elle ne se sentait pas la force de se rendre déjà au chevet de sa mère, l’absence de réaction de celle-ci la décourageait tellement. Il lui fallait une bouffée d’air frais avant d’affronter cette épreuve quotidienne. Elle décida donc de se rendre aux écuries suivre les progrès de Louise. Pour ne pas risquer de se faire happer par ses devoirs elle emprunta une cape de laine et des moufles à Catherine, celle qui avait donné son lait et son amour à tous les enfants de cette famille. Elle rejoignit les écuries par les couloirs, portes et escaliers de service. Elle y trouva sa sœur complètement absorbée par les soins qu’elle prodiguait à son nouveau compagnon. Cette image d’affection et de complicité renvoya à Virginie un souvenir d’elle même avec son premier poney. Elle ne résista pas à l’envie de saluer le vieil animal. Elle le trouva paisible dans sa stalle, seules ses oreilles et un léger coup de museau indiquaient le plaisir qu’il avait de revoir sa propriétaire.

 

    Tout en caressant l’animal elle remarqua combien la fillette semblait heureuse et épanouie. Visiblement la maladie de leur mère ne l’affectait guère. Après tout cela se comprenait, l’absence de la malade n’apportait que peu de changement pour cette enfant de 4 ans. Virginie constatait chaque jour lors de ces visites les progrès de sa sœur. Petit à petit la sauvageonne laissait place à une petite demoiselle plus calme et gagnant en sagesse. La pratique de l’équitation et les fréquentes pauses entre les enseignements lui permettaient de se défouler et de canaliser son énergie. Nul doute que la responsabilisation de la petite n’y était pas étrangère non plus …

   Face à ce constat, elle réalisait soudain s’être préoccupé du bonheur et de l’éducation de ses sœurs mais aucunement de Marie-Mina. Elle ignorait si sa tante parvenait à instruire et éduquer selon son rang la jeune demoiselle. Non pas qu’elle la pensait mauvaise éducatrice. Elle craignait juste que cette dernière manque de temps au vu de ses nombreux devoirs envers la maîtresse des lieux et l’aide qu’elle lui dispensait. Elle se promit de s’en ouvrir à Madame de Besnac lorsqu’elle rendrait visite à sa mère.

 

    Onze heures sonnaient déjà au clocher. Le temps venu pour Virginie de retourner à la réalité de la gestion de la maison.Elle décida de se rendre de suite dans les appartements maternel et faire d’une pierre deux coup. Ainsi elle visitait sa mère comme chaque jour et pouvait s’entretenir avec Marguerite. Elle savait qu’elle la trouverait auprès de la malade. Nul ne se dévouait plus pour la comtesse que sa dame de compagnie. Ragaillardie par cette heure de détente volée à ces nouveaux devoirs, elle pénétra dans la chambre de Madeleine. Habillée et allongée sur son lit, elle semblait écouter lui faire la lecture la nièce de sa dame de compagnie. Surprise de cette arrivée l’orpheline s’interrompit et tenta une révérence maladroite. D’un sourire l’aînée de la fratrie l’arrêta.

     » - Bonjour Mère. Comment allez vous aujourd’hui ? Bonjour ma tante. Bonjour Mina, inutile de vous embarrasser de formalité. Nous sommes entre nous ici.

    – Bien Mademoiselle Virginie.

    – Je vous en prie appelez moi simplement Virginie. Ma sœur Sophie et vous êtes du même age, permettez moi donc de vous traiter comme une sœur et tachez de faire de même.

    – C’est entendu. J’essayerai Virginie.

    – Je suis contente de te trouver Mina, je m’interrogeais à ton sujet ce matin. voilà plus d’un mois que tu te trouves parmi nous. Te plais tu ici ? Ne manques tu de rien ?

    – Je me plais beaucoup. Tout le monde est si gentil. Ma tante est très bonne et pourvoit à tous mes besoins. Elle m’enseigne même quelques notions de savoir vivre.

    – Tu m’en vois heureuse. Quelle éducation reçus tu au couvant ? Je constate que tu connais tes lettres mais sais tu les écrire ? As-tu appris à compter ?

    – Les sœurs m’enseignèrent à lire, à écrire, un peu de calcul et les prières.

    – Je vois. Je constate l’amélioration de tes manières depuis ton arrivée. Je suppose qu’il s’agit du fruit des leçons de notre tante.

    – Oui Mademoiselle. Pardon, oui Virginie. Ma Tante est très bonne pour moi.

    – Voyons ce n’est rien mon enfant, l’interrompit Marguerite. Vous avoir près de moi me rend heureuse. Merci Virginie de vous soucier ainsi de Mina. Je crois que la compagnie d’enfants lui manque. Ce n’est point bon à son age de ne vivre qu’entouré d’adultes.

    – Mais ma Tante je suis heureuse près de vous ! Ne me renvoyez pas par pitié ! Je vous promets de m’appliquer encore plus …

    – Allons allons mon petit. Je ne songeais point à me séparer de vous. Juste que vous manquiez de compagnie enfantine.

    – Je crois que j’ai une solution ma Tante. Mina pourrait partager les leçons de Louise. Certes 4 ans les séparent. Mais l’une comme l’autre doivent acquérir de meilleures manières. Elles pourraient suivre le même enseignement le matin. L’après midi, jusqu’à l’heure de la promenade, Mina bénéficierait de cours adaptés à son niveau et son âge. Bien entendu elle nous accompagnerait Louise et moi. Qu’en pensez vous ma Tante ?

    – Ma foi, l’idée me paraît bonne. Mais qui se chargerait de leur éducation ?

    – Je pensais les confier toutes deux à Madame de Placide. C’est une excellente gouvernante. Le départ de Sophie au couvent l’a laissé sans élève, Louise étant encore trop jeune pour un enseignement complet. Sa bonne se chargeait d’elle jusqu’à présent.

    – Soit si elle accepte et que Mina n’y voit pas d’inconvénients, je vous donne mon accord.

    – Alors Mina qu’en penses tu ? Veux tu bien accompagner ma petite Louise dans son apprentissage ? Ainsi tu recevrai une très bonne éducation sans quitter Tante Marguerite.

    – Je suis d’accord.

    En acceptant cette solution Mina pensait que tout valait mieux que le couvent. Mais aussi que des leçons destinées à une petite de 4 ans ne devaient pas être très difficile. Et puis cela lui permettrait de ne plus venir dans cette chambre pour faire la lecture pour une personne qui ne réagissait plus et ne se donnait même pas la peine de répondre à sa fille.

    – Mère semble fatiguée. Si nous la laissions pour montrer la nursery à Mina, elle pourrait rejoindre Louise et dîner avec elle ce midi ? Nous pourrions ainsi discuter toutes deux des détails.

    – Très bien nous vous suivons Virginie. »

Dans :
Par Virginie de Rugès
Le 9 juillet 2017
A 23 h 02 min
Commentaires : 2
 

2 Commentaires

  1.  
    jaclyn
    jaclyn écrit:

    Virginie a beaucoup à faire!

    Dernière publication sur Pas de nouvelles bonnes nouvelles : Le sac

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