Une vie de famille sous Louis XIV

un récit à base d'Histoire

 

Chapitre 12 partie 4/4

     Virginie déjà vêtue pour sortir, prit les devant et suivit des deux autres se dirigea vers leur première étape. Une fois atteinte, un palefrenier donna au deux demoiselles un panier contenant des morceaux de pain. Elles parcoururent ainsi stalle après stalle, s’arrêtant pour donner un bout de pain à chaque cheval qu’il soit de monte ou de trait. Virginie marqua une halte prolongée devant le box de sa jument préférée. Elle donna force de caresses et de mots doux à la belle et immaculée haquenée. Celle-ci les lui rendit bien avec mainte coup et frottement de tête. Dans un éclat de rire, la jeune fille lui fit une dernière caresse et lui déposa un baiser sur son chanfrein. Elle passa ensuite au prochain animal. Il s’agissait d’un jeune poulain. La jument de Virginie avait mis bas il y a quelques semaines. Elle avait aussitôt penser qu’il serait parfait pour Louise, bien qu’elle ne pourrait pas le monter avant plusieurs années. Mais ils pourraient ainsi nouer un véritable lien et grandir ensemble. La cavalière s’écarta et laissa la future élève découvrir sa surprise. Louise tomba en admiration devant ce petit être. Il portait déjà sa tête avec toute la fierté d’un grand destrier. Sous ses naseaux, ses lèvres semblait dessiner un sourire comme pour souhaiter la bienvenue aux trois visiteuses. Ses pattes semblaient frêles mais supportaient avec élégance son corps à la robe couleur du caramel. Sa future cavalière le baptisa immédiatement du nom de cette confiserie qui demeurait rare. Devant la joie de sa cadette, Virginie lui expliqua :

      - Comme tu l’as compris Caramel est pour toi. Avoir un cheval implique des responsabilités. Il est encore trop jeune pour que tu puisses le monter. Il te faudra patienter encore quelques années. En attendant tu lui prodiguera tous les soins et les attentions dont il a besoin. Ainsi vous apprendrez à vous connaître et à vous faire confiance.

     - Je vous promets de bien m’en occuper ! Je suis si heureuse d’avoir enfin un ami avec qui m’amuser !

    – Prends garde Louise, Caramel n’est pas un jouet,c’est un être vivant qui dépend de toi. Et je ne veux pas que pour autant tu négliges ta monture. Elle aussi aura besoin que tu t’occupes d’elle.

     - J’ai bien compris Virginie. Mais depuis tout à l’heure vous me parler de monter et de monture. Qu’est ce ?

     - Monter, est le terme employé pour désigner la pratique de l’équitation. Parce qu’on dit qu’on monte à cheval. La monture désigne ton cheval sur lequel tu montes.

     - Mais c’est trop haut un cheval, je ne pourrai jamais monter dessus !

    – Mais non ! Vous commencerez par un poney comme nous tous ! s’amusa Virginie en riant.

    – Ne vous moquez pas Virginie …

    – Oh Louise … je ne voulais pas me moquer mais savez vous que lorsque Père m’a parler pour la première fois d’équitation, j’ai eu la même réaction. Allons viens ! Je vais te présenter Lord. Nous avons tous débuter sur lui.

    – Est il gentil ? J’ai un peu peur …

    – Ne t’inquiète pas Lord est un adorable poney. Je n’en connais pas de plus doux.

 

     Bien que peu rassurée la fillette suivie son aînée jusqu’au fond de l’écurie. Là, seul dans une stalle, trônait un petit poney à la robe beige pâle. L’animal de moins d’un mètre s’approcha avec curiosité des demoiselles. Il tendit sa tête au front large et ses petites oreilles bien dressées au dessus, par ses larges naseaux il souffla légèrement comme pour réclamer l’attention des visiteuses. Virginie caressa avec tendresse celui qui l’avait vu faire ses premiers pas équestre. Comme à chaque fois elle était séduite par l’expression si intelligente du vieux poney. À son tour Louise vint timidement caresser le chanfrein de l’équidé. Devant l’évidente joie du poney, ses mouvements se firent plus assurés. Celui ci marqua son contentement par de léger et doux coups de tête vers sa future cavalière. L’enfant ria au éclats et gratifia sa monture d’un bisous au dessus des naseaux.

     - Je suis heureuse de vous voir vous entendre déjà aussi bien. Père avait ramené Lord d’un voyage en écosse. Et depuis il nous a tous vu débutés. Je te recommande donc d’en prendre grand soin. Tu verras Lord est un compagnon attachant.

     - Je ferais de mon mieux, promis. déclara avec solennité la petite fille.

     - Bien, maintenant va rejoindre ta bonne qui nous attend à l’entrée des écuries, je vais demander à Joseph de préparer l’attelage pour nous emmener faire des achats en ville.

     - Mais Virginie, vous m’aviez dit qu’on irait se promener dans le jardin …

     - Oui, mais avant, il nous faut faire un achat essentiel dont tu auras besoin dés demain pour tes leçons. Et ta présence est essentielle. Sinon pense bien que j’y aurais simplement envoyé ta bonne. Aller, file maintenant !

 

      Peu de temps après les deux demoiselles partirent accompagné de Joseph et de Françoise acheter en ville des gants en peau de mouton. Virginie en profita pour s’arrêter dans certaines fermes et habitations sur la route pour recueillir d’éventuelles doléances des habitants du comté. Ainsi elle voulait montrer par l’exemple à sa sœur comment une dame devait se comporter avec les gens de son comté. Louise put ainsi observer sa sœur, calme et polie avec tous, faisant preuve de bienveillance et de générosité avec les plus démunis. Son aînée montrait une grande patience et une écoute attentive à ceux qui leur exposaient leurs plaintes.

      À leur retour elles firent une partie de cligne-musette1 au jardin avant que l’une regagne la nursery et l’autre retourne à la gestion de la maisonnée.

1Cligne-musette : ancêtre de notre jeu de cache-cache   

Dans :
Par Virginie de Rugès
Le 28 septembre 2016
A 11 h 28 min
Commentaires :1
 

1 Commentaire

  1.  
    jaclyn
    jaclyn écrit:

    Quelle surprise! J’aurais aimé avoir ce genre de cadeaux, je pense, à son âge!

    Dernière publication sur Pas de nouvelles bonnes nouvelles : Le sac

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