Une vie de famille sous Louis XIV

un récit à base d'Histoire

 

Chapitre 12 partie 2/4

     Virginie arpentait son boudoir. Elle devait prendre une décision pour le bien de la Maison mais elle ne savait que faire. La situation s’avérait préoccupante. Tante Marguerite lui avait suggéré de prendre conseil auprès de la duchesse Sophie. Mais elle connaissait le goût prononcé de celle-ci pour les commérage et craignait que tout Versailles apprenne ses inquiétudes. Heureusement ses sœurs Marie et Sophie retournées au couvent ignoraient tout. Envoyant ses appréhensions aux oubliettes, elle s’assit devant son secrétaire et rédigea une lettre :

 

« Savigny-en-Revermont, le 20 décembre 1700

 

Ma Tante,

 

J’espère que cette lettre vous trouvera mon Oncle, mes cousins, cousines et vous en parfaite santé. 

     Mère me charge de vous remercier de votre séjour parmi nous et pour vos si merveilleux cadeaux. Votre présence en nos murs fut un honneur pour nous. Elle fut particulièrement réconfortante pour Mère.Quand à vos présents, je ne puis me lasser de les admirer. Ces toilettes sont exquises. Christophe se montre fort satisfait de l’économie réalisée. Ainsi nous possédons des robes dignes de son nouveau rang et grade sans qu’il déboursa un sous. Marie déplore le départ de notre frère au front qui la prive d’occasions de les revêtir. Votre filleule Sophie vous transmet toute son affection et espère vous revoir bientôt. 

     Vous souvenez vous de Marie-Mina, la jeune nièce orpheline de Tante Marguerite ? Elle arriva parmi nous le jour de votre départ. Cette enfant est une vrai surprise. Une fois lavée et vêtue convenablement, on put constater que malgré une maigreur à faire peur, cette pauvre petite est plutôt jolie . Vivre parmi nous lui réussi. Ses manières s’améliorent. Elle apprend à une vitesse vertigineuse. Ses enseignants déplore juste sa franchise. Figurez vous que cette jeune demoiselle ne craint personne et n’hésite pas à dire ce qu’elle pense. Qu’importe que vous soyez domestiques, professeurs, nobles ou habitants des lieux.

      Mais je tergiverse avec toutes ces anecdotes du quotidien. Tout m’est bon pour retarder le moment où je vous révélerai le véritable motif de mon courrier. Il s’agit de mère, ma Tante. Vous avez sans doute constaté lors de votre visite, le décès de père lui causa un véritable choc. Déjà elle se retranchait dans son rôle de Comtesse et l’organisation des obsèques de Père. Pour la gérance de la Maison au quotidien, elle se reposait sur Tante Marguerite. Mais suite au départ de Christophe, elle perdit le goût de tout. Le lendemain Tante Marguerite m’informait que Mère était malade. Aucune amélioration n’est survenue depuis lors. Elle garde le lit, délaisse la gestion de la Maison. D’ailleurs les domestiques commence à jaser malgré que Tante Marguerite et moi donnions des ordres comme si ils venaient de Mère. Elle ne se rends même plus à la nursery pour voir les deux petites.

 

     Je ne sais plus quoi faire ni comment agir. Je vous implore de me conseiller ma Tante. Auriez vous une quelconque idée à me soumettre pour la sortir de cette torpeur ?

 

     Croyez bien que je ne vous écrit point de gaieté de cœur. Seul l’inquiétude qui me ronge me pousse à prendre la plume.

 

     Bien évidemment, je vous prierai de garder ceci pour vous.

 

     Je vous embrasse avec tout mon respect et mon affection.

 

Votre dévouée nièce : Virginie de Savigny »

 

Elle apposa le sceau familial sur la lettre et la remit à un messager avec l’ordre d’attendre une réponse. 

Dans :
Par Virginie de Rugès
Le 28 septembre 2016
A 11 h 13 min
Commentaires :1
 

1 Commentaire

  1.  
    jaclyn
    jaclyn écrit:

    Marie-Mina s’adapte, c’est bien!

    Dernière publication sur Pas de nouvelles bonnes nouvelles : Le sac

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