Une vie de famille sous Louis XIV

un récit à base d'Histoire

 

Chapitre 11 partie 2/4

     En ce jeudi 25 novembre la duchesse de Réant recevait ses nièces, leur mère et Marguerite dans le petit salon juxtaposé à sa chambre. 

    • À l’occasion de l’anniversaire de ma petite Sophie, ma filleule, je comptais vous offrir à toutes les six une garde robe complète que vous auriez pu porter lors de réceptions que je prévoyais de donner cet hiver pour les fêtes de Noël. Les affaires et le sort de nos époux en ont décidé autrement. Sitôt que j’appris le sort de votre époux ma chère sœur, je pris la décision de vous faire confectionner, en outre, une robe de deuil pour chacune. Quand vous m’apprîtes le décès de votre époux je me félicita d’avoir penser aux robes de deuil et j’entrepris de faire teindre et modifier les toilettes de la garde robe afin qu’elles soient adaptées au deuil. Toutes sont à la dernière mode et viennent du meilleur tailleur parisien. J’espère que ces présents adouciront quelque peu votre chagrin.
    • Je vous remercie ma chère sœur pour ces beaux cadeaux. Néanmoins il ne m’est possible de les accepter. Nous ne sommes point des parentes pauvres à qui faire la charité. Croyez bien, que le décès de mon époux ne m’empêche nullement de vêtir ma Maison convenablement. Vous pouvez vous même le constater.

    • Ne le prenez pas ainsi Madeleine. Je ne voulais nullement vous offenser. Je voulais seulement vous épargner la futilité de penser à la bagatelle que sont de nouvelles toilettes. Et comme je vous le disais je destinais ces cadeaux à l’anniversaire de votre Sophie pour que pussiez les porter lorsque je vous inviterai à Paris. Il aurait été dommage que ces tenues soient perdues. Je sais bien que votre mari et vous avez toujours préféré la simplicité dans la mise des vôtres, je souhaitais que vous ayez pour une fois des superbes toilettes à la dernière mode.

    • Mère, je vous en prie accepter, implora Marie. Personne ne sera qu’ils viennent de Tante Sophie puisque nous avons commandé une nouvelle garde robe à la demande de Christophe. Si vous saviez comme je rêve de porter des robes à la dernière mode !

    • Marie n’a pas tort, intervint Virginie. Je conviens de la futilité de ses arguments. Mais puisque Christophe souhaite que nous apparaissions dans de coûteux habits pour montrer son rang, les cadeaux de notre tante tombent à point nommé. Il nous expliqua que Père fort de sa bravoure au service du Roi pouvait vivre simplement et être respecter. Alors que lui, n’ayant rien de cela, se doit de vivre selon son rang et de le montrer. En tant que comte cela passe par ses terres et les membres de sa Maison que ce soit par leurs manières ou leur frusques.

    • Il suffit mes filles ! Assez résonné ! Voyez ma sœur, l’effet de vos largesses. Marie se révèle frivole et Virginie et elle se permettent de prendre la parole sans y être invité. En conséquent je vous demande à toutes deux de vous retirer immédiatement. Vous n’assisterez point à la promenade prévue cet après midi. Je vous ferai appeler pour saluer votre tante à son départ. 

    

     Une fois ses deux aînées sorties du salon après une révérence, la comtesse se retourna vers Sophie : 

    • Et vous mon enfant, puisque votre tante destinait ces présents à votre anniversaire, voulez vous ces nouvelles robes ?

    • Oui, Mère. J’aimerai beaucoup avoir de nouvelles robes. 

 

     Sur ces paroles Madeleine sonna une femme de chambre. Sur la demande de Madame elle ramena Sophie et Louise à la nursery. Après le départ de ses filles, la veuve se retourna vers son invité : 

    • Bien. Ainsi je me rends à vous ma sœur. Les arguments de Virginie étaient vrais. Mais les reconnaître devant elle aurait été l’encourager à s’affirmer. Hors elle possède déjà un tempérament assez vif pour que l’on ne l’y encourage pas plus.

    • Je suis heureuse de vous voir accepter ma chère.

    • Je vous prierai néanmoins de ne plus offrir d’aussi somptueux présents à mes filles. Vous avez pu en constater les effets.

    • Je m’en souviendrais ma chère.

    • Bien. Je regrette que vous nous quittiez si vite. Ne resteriez vous point souper ?

    • Non ma sœur, je ne me suis que trop attardée. Ma place se trouve auprès de mon époux. Voulez vous m’accorder un plaisir ?

    • Si je le puis ma sœur.

    • J’aimerai vous voir toutes vêtues de vos nouveaux atours lors de notre promenade avant mon départ.

    • J’accepte mais pour votre plaisir ma sœur. Néanmoins je resterai inflexible sur la punition de ces demoiselles. Elles viendront vous saluer parée de votre cadeau mais n’iront point en promenade. À présent je vous laisse si vous souhaitez nous voir vêtues de neuf. 

     Madeleine et Marguerite se retirèrent. Des domestiques récupérèrent les dons pour les ranger dans les gardes-robes auxquelles ils étaient destinés.

Dans :
Par Virginie de Rugès
Le 13 juin 2015
A 11 h 22 min
Commentaires : 2
 

2 Commentaires

  1.  
    jaclyn
    jaclyn écrit:

    Ouh, leur mère est très sévère! Et elle tient à la simplicité.

    Dernière publication sur Pas de nouvelles bonnes nouvelles : Le sac

  2.  
    Sabeha
    Sabeha écrit:

    La mère tiens vraiment à garder la simplicité de son rang… Ça promet pour la suite

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