Une vie de famille sous Louis XIV

un récit à base d'Histoire

 

Chapitre 11 partie 1/4

     Si l’annonce de Christophe terrifiait Madeleine, en elle même, elle menait un combat de tout les instant pour ne rien laisser paraître. En effet si la mère pouvait être inquiète pour son fils, la comtesse, elle se devait d’être fière que le nouveau comte souhaita accomplir son devoir et entra au service du Roi. Elle était déchiré entre ses sentiments de mère et son devoir de comtesse. Surtout personne ne devait deviner son trouble intérieur. Son fils et sa sœur moins que quiconque. Malgré toute l’affection qu’elle portait à sa cadette, elle devait reconnaître en celle ci une véritable commère. Bientôt toute la cour connaîtrait les détails de l’acceptation de Christophe. Montrer la moindre faiblesse risquait de porter tort à la Maison de Savigny mais également de perturber le jeune homme une fois parti. Donc de le rendre vulnérable face aux dangers. 

     Le nouveau comte était loin de ces considérations. La réaction de sa mère le soulageait. Il avait craint qu’elle contesta sa décision ou qu’elle défaillit. Avec l’aval maternel plus rien ne s’opposait à lui. La présence de ses sœurs et tantes adoucissaient sûrement le choc de l’annonce. Il comptait sur sa tante Marguerite pour apaiser et soutenir la comtesse à son départ. Il lui restait deux semaines pour profiter des avantages de son futur grade et de son titre récent. Néanmoins il allait devoir suspendre ses activités nocturnes tant que sa tante Sophie était leur invitée. Celle ci avait l’œil vif et alerte. Elle risquait de vite deviner la nature de ses occupations, une fois le soir venu. 

     Virginie, elle, espérait que cette décision allait permettre à son frère de s’assagir. Sa bonne Rose, qu’elle partageait avec Mme de Besnac, lui avait confiée les ragots de la maisonnée. Selon eux, le jeune châtelain ne s’enfermait pas dans la bibliothèque pour veiller à ses affaires et jamais seul. Plusieurs serviteurs l’avaient même surpris, ivre, en train de regagner ses appartements. L’aînée des demoiselles avait intimé à la servante de se taire et de ne répéter à personne ses calomnies. Elle craignait fort la réaction de sa mère si pareille rumeur lui venait aux oreilles. La maîtresse des lieux semblait tellement inquiète depuis la disparition de leur père. Elle n’avait nul besoin de soucis supplémentaires. 

     La tournure prise par les événements ravissait Marie. Cet événement allait apporter du prestige à leur Maison. Ses camarades allaient devoir lui témoigner plus de respect. Pas un instant elle ne songeait aux risques encourus par son frère. 

     Suite à cette déclaration, la duchesse de Réant prétexta la fatigue du voyage pour se retirer. Mais en son intérieur, elle jubilait d’avoir assister à l’annonce de la décision de son neveu. Elle s’empressa de rapporter la nouvelle par le biais d’une lettre à son époux. Elle la fit partir sitôt achevée. Ainsi il pouvait en informer le premier le Roi, et peut être en tirer quelque faveur du vieux monarque ou quelque avancement.

    Depuis la nouvelle de l’engagement du jeune comte, le personnel de la Maison avait remarqué que si leur maîtresse restait une parfaite hôtesse, elle négligeait de plus en plus son intérieur. Ainsi elle se désintéressait, petit à petit, de tout ce qui ne touchait point à la veillée commémorative de son époux. Leurs ordres venaient de plus en plus souvent de Mme de Besnac, dame de compagnie de la châtelaine.

 

Dans :
Par Virginie de Rugès
Le 13 juin 2015
A 10 h 53 min
Commentaires : 2
 

2 Commentaires

  1.  
    jaclyn
    jaclyn écrit:

    Eh bien, quelle famille!

    Dernière publication sur Pas de nouvelles bonnes nouvelles : Le sac

  2.  
    Sabeha
    Sabeha écrit:

    Et bien qu’elle famille, et qu’elle organisation silencieuse

Répondre jaclyn Annuler la réponse.

 
 

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