Une vie de famille sous Louis XIV

un récit à base d'Histoire

 

Chapitre 10 partie 1/4

Virginie entra dans le salon de sa mère afin de lui remettre son courrier et celui de sa dame de compagnie. Elle y trouva Madame de Besnac, seule, occupée à une tapisserie.

 

  • Bonjour ma tante. Mère n’est point avec vous ?
  • Bonjour Virginie. Votre mère se repose, tout ce monde et la perte de votre père la fatigue énormément.
  • Je comprends, ces deux dernières semaines furent éprouvantes pour nous tous. Mère est sur tous les fronts, comme aurait dit Père. répliqua dans un sourire triste l’aînée des demoiselles.
  • Puis je faire quelque chose pour vous, mon enfant ?
  • Oh oui. Que suis-je étourdie. J’apportai le courrier pour Mère et vous. Je venais vous informer également que Tante Sophie arrivera dans l’après-dîner.
  • Très bien. J’en informerai votre mère. Posez les lettres sur ce guéridon. Vous pouvez vous retirer.
  • Très bien, ma tante.

 

Virginie sortit après une brève révérence. L’amie de sa mère prit connaissance du courrier. Marguerite ouvrit un pli portant son nom. Sa lecture la bouleversa :

 

 

« Roissy-en-Brie, 19 Novembre 1700 ,

 

Chère Madame de Besnac,

 

Nous vous annonçons à regret le décès de votre frère Henri-Louis, Comte de Rouville et de son épouse. Feu monsieur le comte de Rouville laisse en ce monde une fille. Malheureusement son père ne fut guère prévoyant et ne lui laisse que peu de fortune. Étant sa seule parente, la tutelle de cette enfant vous revient. Elle arrivera en votre demeure le jeudi 25 novembre. Je vous prierai de bien vouloir régler le fiacre à son arrivée. Comme dit précédemment cette jeune orpheline ne dispose d’aucune fortune, son père étant mort ruiné, tous les biens de la demoiselle hormis son linge furent vendus afin de liquider les dettes du Comte.

 

Avec toutes nos condoléances,

 

Maître Alain LAINE,

Notaire à Roissy-en-Brie »

 

 

 

Sa lecture achevée, Marguerite s’empressa de raconter les faits à son amie.

 

  • Voilà ma chère vous savez tout. Que dois je faire de cette enfant qui me tombe du ciel ? Dois je l’accueillir et nous trouver une nouvelle demeure ? Dois je l’envoyer en couvent ? Je ne sais que faire. Je vous prie de m’éclairer.

  • Ainsi, vous seriez prête, méchante, à me quitter dans un moment où j’ai si cruellement besoin de votre compagnie ? la réprimanda affectueusement, Madeleine. Non, il est hors de question que vous partiez. Cette pauvre enfant est la bienvenue ici. Connaissez vous son age d’ailleurs ?

  • Merci ma chère amie, je n’avais nulle envie de vous quitter. Je ne voulais point imposer une charge de plus à votre Maison en si triste période. Son age n’apparaît nul part dans la missive. J’ignorais l’existence de cette enfant et de ce notaire. Je n’ai plus eu de contact avec feu mon frère suite à mon mariage.

  • Ainsi cela est réglé. N’en parlons plus. J’en informerai Christophe. Il n’émettra certainement aucune objection.

  • Merci ma chère. Vous m’ôtez d’un grand poids. Quel dommage de ne rien connaître de cette enfant… Je ne peux rien prévoir.

  • Ne vous souciez point de cela. Dans un premier temps elle pourra porter des toilettes à mes filles. Nous devrions bien en trouver à sa taille. Vous verrez ensuite pour lui faire confectionner des toilettes digne de son rang.

  • Une fois de plus, vous avez raison.

     

     

    Plus tard dans la journée, Marguerite de Besnac pénétrait dans le bureau du jeune comte :

     

    • Ma tante, asseyez vous. Mère me confia tantôt votre situation. Nous accueilleront, naturellement, cette enfant avec joie.

    • Je vous remercie Christophe. Vous faîtes preuve d’une grande générosité. Il va de soit que j’assumerais tout les frais en liens avec cette enfant, qu’ils soient domestiques ou vestimentaires.

    • Je vous accorde les dépenses pour ses toilettes mais pour ce qui est de son personnel référez vous en à Mme Dupont. Elle sera vous trouvez des gens de confiance. Puisque vous tenez absolument à assumer cette petite financièrement, je retirerai le salaire de son personnel sur votre pension.

    • Je crois comprendre votre point de vue. Vous craignez que si j’engage des domestiques par moi même, ceux-ci ne se sentent assujettis aux mêmes règles que les vôtres et que cela divise la maisonnée.

    • Exactement. Il est bon pour les domestiques de n’avoir qu’un seul supérieur dans une maison. Sinon nous allons droit aux querelles et le travail s’en ressent. Quand à l’éducation de cette demoiselle, je suppose que vous aviserez à son arrivée parmi nous.

    • Bien entendu, je ne manquerai pas de vous en informer.

    • C’est entendu, je vous laisse rejoindre Mère. Je sais combien vous lui êtes précieuse et indispensable en cette triste période.

Dans :
Par Virginie de Rugès
Le 23 avril 2015
A 21 h 03 min
Commentaires : 2
 

2 Commentaires

  1.  
    jaclyn
    jaclyn écrit:

    Que de tristesse! Et cette petite qui arrive…Cette histoire est toujours aussi passionnante!

    Dernière publication sur Pas de nouvelles bonnes nouvelles : Le sac

  2.  
    Sabeha
    Sabeha écrit:

    Passionnant hâte d’en savoir plus sur la jeune fille qui va arriver

Répondre Sabeha Annuler la réponse.

 
 

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